Saint-Nicolas Courbefy

Commune disparue : la commune de Bussière-Galant fusionne au 1er janvier 1974 avec la commune de Saint-Nicolas-Courbefy (fusion-association, arrêté préfectoral du 15 novembre 1973) (note des Arch. dép. Haute-Vienne). 

SAINT-NICOLAS-DE-COURBEFY, chef-lieu de commune dans le canton de Châlus, a 1 419 hectares de superficie et 412 habitants. Son altitude au-dessus du niveau de la mer est de 554 mètres à Courbefy. 

 

  • Histoire ecclésiastique

Un manuscrit du Chalard attribue la fondation de Saint-Nicolas-de-Courbefy à un clerc nomé Bernard, qui fut le second prieur du Chalard ; il y fit bâtir l’église et s’y retira en 1127, après s’être démis de son prieuré. La cure de Saint-Nicolas, dans l’ancien archiprêtré de La Meyze, a pour patron saint Nicolas de Myre. Le prieur du Chalard y a toujours nommé les curés. Au XVIIIe siècle il y avait 830 communiants, environ 1 060 habitants. Cette cure en 1484 est dite succursale de Courbefy, puis en 1578 et 1581 est dite prieuré simple. 

L’église construite au XIIe siècle, a l’abside à trois pans coupés avec fenêtre à plein cintre. La porte d’entrée et le pinacle à deux baies qui la surmonte sont plus modernes. Dans la nef, sous une arcade dans la muraille du côté de l’épître est un ancien tombeau. On remarque plusieurs dalles funéraires, placées dans le pavé. Sur une sont sculptés, avec une grande croix et un calice, ces mots : « Cy-gist messire François Cabirol, prêtre, 1592 ».

Une des cloches de cette église porte en belles lettres gothiques, l’inscription suivante : « Sancti Nicolaï. L’an M CCCCC IIII. Te Deum laudamus.Vox Domini ad civitatem clamat. P. fratrem Johannem de Chaussadis, Priorem ».

Sur une seconde cloche on lit : « Ad majorem Dei gloriam, Virginis que et S ti Nicolaï. Priore D ne Jacobo Maury. Parrain : Versavaud. Marraine : Dlle Marie Jarrit, 1718. - Marc Barraud ».

Pendant la Révolution, le 4 messidor an IV (22 juin 1796), le presbytère de Saint-Nicolas fut vendu au sieur Annet Cabirol avec le jardin et les dépendances pour la somme de 1 296 francs (Archives de la Haute-Vienne, Q 148, n° 70).


Ont été curés de Saint-Nicolas :
- Psalmet Beaulaigue, en 1683.
- N… Chambon, meurt ancien curé, en 1757.
- N… Castanier, nommé en 1756.
- Pierre Bouthet, mort en février 1763.
- Jean-Baptiste Bourdichon était curé en 1767 et mourut en 1775.
- Pierre Chastaignon, nommé en 1776, y revint après la Révolution, mais ses infirmités l’empêchèrent d’exercer le ministère. La
paroisse resta desservie en binage.
- Poulin Boriant, nommé le 1er octobre 1847.
- André-Grégoire Perenquereur, le 1er janvier 1849.
- Mathieu-Alexis Leroudier, le 1er octobre 1854.
- Louis Faure, en 1862.
- Jean-Baptiste Moreau, en 1879.
- Simon Lévêque, en 1880.
- Gabriel Nouaille, en 1881.
- François Guillot, en 1884.
- Pierre Royer, en 1889. - Joseph Caliste, en 1903.

 

  • Histoire civile

Les possesseurs de Saint-Nicolas ont aussi été le plus souvent les propriétaires de Courbefy et les événements survenus en ces lieux intéressent également les deux localités, séparées à peine l’une de l’autre. Saint Vaast, le premier catéchiste du roi Clovis, en 1496, et évêque d’Arras, est né au château de Courbefy.

Gérard de Salis fonda à Courbefy, vers 1120, une maison de son institut, de l’ordre des Frères Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem. En 1252, les vicomtes reprenaient les différentes villes du Limousin qui étaient tombées au pouvoir des Anglais ; c’est vers cette époque que les habitants de Limoges assiégèrent le château de Courbefy et s’en emparèrent.

En 1280, la vicomtesse de Limoges, Marie, donna Courbefy à Gérard de Maumont, pour le récompenser des dommages qu’il avait soufferts à son occasion. Ce dernier l’échangea, en 1303, avec le roi Philippe-le-Bel, pour la seigneurie de Tonnay-Charente. De Maumont porte pour armes d’azur au sautoir d’or, accompagné de quatre tours d’argent.

En 1317, le roi donna Courbefy à Henri de Sully, bouteiller de France, et la fille de ce dernier, Jeanne de Sully, le porta en 1336, à Jean, vicomte de Rochechouart qu’elle épousait. Les armes de Rochechouart sont ondé et fascé d’argent et de gueules de six pièces.
En 1372, les consuls de Limoges fournirent une forte somme d’argent à Bertrand Dugesclin, connétable de France, qui chassa les Anglais de Courbefy et en 1404, ce château soutint encore un siège de douze semaines.

En 1566, Jeanne d’Albret, héritière du royaume de Navarre et des vicomtes de Béarn et de Limoges, vendit le 5 juin à Charles Pérusse des Cars, évêque de Poitiers, les terre et seigneurie de Courbefy, Pérusse des Cars porte d’argent au pal de vair. André de Ribeyreix est dit seigneur de Courbefy en 1530, Jean de Ribeyreix, baron de Courbefy en 1598, et Charles Guillaume de Ribeyreix, chevalier baron de Courbefy, mourut au château de La Vigne, paroisse de Saint-Brice, le 21 mai 1680.

Dès 1667, dame Antoinette de La Tour, veuve de Pierre de Ribeyreix, chevalier, seigneur de Courbefy, avait légué au collège de Limoges 15 000 livres, dont le revenu devait servir aux frais d’une mission annuelle dans les paroisses de Courbefy, de Saint-Priest-les-Vergnes, Ladignac et Sant-Nicolas. Les armes de la famille de Ribeyreix sont d’azur à trois lions couronnés d’or, armés et lampassés de gueules, celui de la pointe passant.

Le 25 mai 1585, Henri IV, roi de France vendit au sieur de Rochefort de Soulagnac la terre et la seigneurie de Saint-Nicolas. Salagnac, seigneur de Rochefort, porte pour armes bandé d’or et de sinople de six pièces.

En 1591, les sieurs de Rastignac, chefs de la Ligue à Saint-Yrieix, se rendirent maîtres de la place de Courbefy ; mais au mois de juillet, un corps de troupes parti de Saint-Yrieix les en chassa. Chapt de Rastignac porte d’azur au lion d’argent, lampassé, armé et couronné de gueules. Marguerite de Vars, en 1600, est dite demoiselle de Saint-Jean-Ligoure et de Courbefy. De Vars porte pour armes d’azur à trois cœurs d’argent 2 et 1.

Par un acte du 25 mars 1600, passé au nom d’Henri IV et de sa sœur, ils vendent, sous faculté de rachat, la terre de Courbefy et ses dépendances, à Léon de Planeaux, écuyer, seigneur de Vieillecour et y habitant, à Antoine Chapelle, écuyer, seigneur de Jumilhac et y habitant, et à Antoine et Jacques Arlot, frères, sieurs de Frugie et y habitant.

En 1669, les habitants de Limoges obtinrent la permission de démolir le château de Courbefy, qui depuis longtemps servait de retraite aux voleurs.

En 1789, messire Joseph de Bony, chevalier, est dit comte de Ladignac et de Saint-Nicolas. Ses armes sont de gueules à trois besants d’argent. Messire Martial, comte de Brie, chevalier, en 1789 est dit baron de Rybeyreix et de Courbefy. De Brie porte pour armes d’or à trois lions de gueules, armés lampassés et couronnés de sinople 2 et 1.

 

  • Lieux-dits

Les villages de la commune de Saint-Nicolas sont :
Burgeraux.
Combe-Lerraud. 

Courbefy. — Ce village, donc il est parlé ci-dessus, occupa le sommet d’une montagne, séparant le Limousin du Périgord. Son altitude au-dessus du niveau de la mer est de 554 mètres. Il a été primitivement un « oppidum » gaulois très considérable, dont on retrouve encore les circonvallations. Il devint une station sur la voie Romaine de Bordeaux à Bourges, par Limoges, et portait le nom de « Fines ».

Il reste à peine quelques ruines du château où naquit au Ve  siècle saint Vaast, l’apôtre de l’Artois, car ce château a été remplacé par la forteresse qu’y ont possédé les vicomtes de Limoges. Ses murs étaient construits avec une telle solidité qu’on y voit aujourd’hui une moitié de tour renversée, ne formant qu’une seule pièce, et le ciment qui lie ses pierres a résisté à tout.

À quelques mètres du monticule portant le château, sont les habitations formant le village ; au milieu de ces modestes demeures, on remarque l’église entourée du cimetière. Elle avait pour patrons la Sainte-Vierge et saint Eutrope de Saintes, elle a été une cure, dont les titulaires étaient nommés par le prieur du Chalard jusqu’en 1678, et ensuite par l’évêque de Limoges. Au XVIIIe siècle il y avait 240 communiants environ 320 habitants. Sa cloche qui existe encore, conserve cette inscription : « + Jésus-Maria 1616 ».

Chez-Joseph.
Fontgourgaud.
Lécuras.
Mouricaud.
Puy-Chalard.
Toulaudias alias La Toulaudie.
Versavaux.

 

Source : Dictionnaire historique et géographique de la Haute-Vienne, de l'Abbé André Lecler (1834-1920) - Archives 87