Lavignac

LAVIGNAC, chef lieu de commune dans le canton de Châlus, a 603 hectares d’étendue et 276 habitants. Son altitude au dessus du niveau de la mer est de 259 mètres près du bourg, et de 329 un peu plus au sud.
 

  • Histoire ecclésiastique

Lavignac, dont, en 1221, on écrivait le nom Levinac, était une cure de l’ancien archiprêtré de La Meyze ; elle était sous le patronage de saint Pierre-ès-Liens. Au XVIIIe  siècle, on y comptait 240 communiants (environ 320 habitants). L’évêque de Limoges y a toujours nommé les curés, ce que montrent les titres depuis 1483 jusqu’à la Révolution.

Pierre Desbordes avait fondé une vicairie dans l’église de Lavignac par acte du 17 septembre 1541, signé Puy-de-Nus. Elle fut spiritualisée le 17 septembre 1570. Les héritiers et plus proches parents du fondateur y nommaient les titulaires ; de 1570 à 1618, on trouve les nominations faites par un membre de la famille Desbordes.

- N… Servientis mort curé de Ladignac en novembre 1764.
– N… Lacoulerie avant le 5 juillet 1778.
- Pierre Doudet nommé en juillet 1778, refusa le serment schismatique de la constitution civile du clergé ; il fut emprisonné puis déporté hors de France. Après dix ans d’exil et de souffrance en Espagne, il put rentrer en France et revint à Lavignac. Cette paroisse ayant été unie à celle de Flavignac, il en fut nommé curé en 1803, et y était encore au mois d’avril 1835.
- Jean du Bouchaud du Mazaubrun, était curé de Lavignac en 1830.
- Jean-Pierre-Isidore Duchamp-Lageneste, nommé le 24 septembre 1836, devint curé du Chalard le 1er octobre 1839.
- Joseph Béchade, nommé le 29 octobre 1839.
- Pierre du Burguet, le 10 décembre 1839.
- Simon-Étienne, Martinet le 1er septembre 1843.
- Martial Deglane le 9 décembre 1845.
- Joseph-Alexis Tausias, nommé en 1847, mourut le 17 septembre 1857.
- Jean-Baptiste Junien, nommé en 1857.
- Pierre Royer en 1870.
- Laurent Lelong en 1875.
- François Faugeron en 1887, jusqu’en 1891.

La paroisse fut ensuite desservie par le curé de Saint-Martin-le-Vieux et ensuite par celui de Burgnac qui en sont voisins. Un autre prêtre natif de Lavignac eut à peu près le même sort que le curé de cette paroisse pendant la Révolution.

C’est André Betoulle, né vers 1761. Il était religieux cordelier, conventuel à Toulouse, lorsque les persécuteurs du clergé le chassèrent de son couvent. Revenu dans sa famille à Lavignac, il fut bientôt emprisonné à Limoges pour refus de serment, les infirmités dont il était atteint ne permirent pas de le faire partir pour la déportation maritime. À la Visitation, où il était enfermé, il n’avait aucune ressource, et vivait uniquement « d’une livre et demi de pain qu’on lui donnait chaque jour, conformément au règlement de cette maison ». Le 13 février 1797, sur le rapport des officiers de santé, il fut autorisé à se retirer à Lavignac. Mais le 16 octobre suivant, il fut arrêté de nouveau et forcé de sortir de France. Il passa alors en Espagne où il resta jusqu’au Concordat, put ensuite rentrer en France, mais ne tarda pas à succomber, accablé d’infirmités.

L’église de Lavignac possède des reliques venant des catacombes de Saint-Calixte, à Rome ; elles sont conservées dans une châsse en bois doré. Ce sont des os de saint Adéodat, saint Sévère et sainte Juconde.

 

  • Lieux-dits

Les villages de la commune de Lavignac sont

Age(L').
Bordes (Les).
Bost (Le).
Farge (La).
Peyrades (Les).
Puydenus, est le lieu d’origine d’une famille de ce nom. Un de ses membres, né tout auprès, dans la commune de Beynac, est Jean de Puydenus, général des Dominicains, qui vivait à la fin du XIVe siècle et au commencement du XVe. Il joua un grand rôle au concile de Constance (1414-1418) qui mit fin au schisme d’Occident. La famille Puydenus existe toujours dans la contrée, et ce lieu a appartenu plus récemment à la famille Mandat. Jean Mandat, sieur de Puydenus, était lieutenant général à Limoges en 1686.

Pendant la guerre avec les Anglais, après la rupture du traité de Brétigny, les forteresses et châteaux de Rochechouart, Châlucet, Courbefy et Châlus s’étaient mis sous les ordres du roi de France. En 1869, Jean Chandos vint attaquer Rochechouart, mais il fut battu et repoussé. « Le comte de Pembroke, pour venger cet insuccès vint à son tour ravager le pays. Le maréchal de Sancerre, Jean de Beuil et Louis de Saint-Julien, accourus du Poitou, tombèrent à l’improviste sur les Anglais, au moment où ils posaient leur camp au lieu de Puydenus. Dans un engagement sanglant plus de cent Anglais y furent mis à mort ».

Rouxille (La). 

 

Source : Dictionnaire historique et géographique de la Haute-Vienne, de l'Abbé André Lecler (1834-1920) - Archives 87