Champagnac la Rivière

CHAMPAGNAC, chef-lieu de commune du canton d’Oradour-sur-Vayres, a 2 446 hectares de superficie et 1 793 habitants. Son altitude est, près du bourg, de 374 mètres au-dessus du niveau de la mer ; mais elle va jusqu’à 472 à côté de Permangle.
 

  • Histoire ecclésiastique

Champagnac, appelé en 1498 Sainte-Marie-de-Champagnac, était dans l’ancien archiprêtré de Nontron. Il y avait un prieuré de filles, jadis sous le patronage de la Nativité de la Sainte Vierge, et plus tard sous celui de saint Paul, apôtre. Ce prieuré était uni à la mense abbatiale de la Règle dès 1527.

La cure avait les mêmes patrons que le prieuré. Vers la fin du XVIIIe  siècle, on y comptait 1 800 communiants (environ 2 400 habitants). Anne de Samathie (de Saint-Mathieu), veuve d’Yrieix de Chouly, chevalier, seigneur de Permangle, Champagnac et gouverneur de la ville de Limoges, avait fondé dans cette église, le 23 décembre 1680, en l’honneur de saint Mathieu, une
vicairie pour le service de la paroisse.

Cette fondation fut ensuite augmentée par Anne de Ferrières. Leurs héritiers en nommaient les titulaires. C’est ce que faisait, en 1700 et 1726, Anne Thérèse de Chouly de Permangle, veuve de Charles-Joseph de Ferrières, marquis de Sauvebœuf, baron de Pierrebuffière, Aigueperse, Chéronnac et Congoussac.

Le curé de Champagnac était nommé par l’évêque de Limoges en 1310. Mais c’est l’abbesse de la Règle qui a ensuite exercé ce droit en 1504, 1566, 1630, 1659, 1661, 1693, 1707, 1743.


Voici le nom des curés connus :
- Pierre Jude, 1630.
- N… Garissot en 1696.
- N… Chaveroche en 1731.
- Antoine Delbos en 1735.
- Pierre Besson, nommé en 1745, résigna au suivant en 1785.
- Goïal Besson fut déporté pendant la Résolution pour refus de serment.
- Au Concordat, Mgr. du Bourg nomma Jean Sauviat, qui avait subi la déportation. - Il y est mort en octobre 1814
- Jean Marquet, nommé en 1814.
- On y trouve ensuite. en 1822, N... Port, mort en 1828.
- N… Combepapon, en 1826 et 1829.
- N… Perrot ou Perrault, en 1829 et 1834.
- Michel Roche, en 1834 et 1839.
- Jean François-Isidore du Bouchaud du Mazaubrun fut nommé en 1839.
- Emile Larue, en 1878.
- Léopold Condat, en 1878.
- Léosthène du Bouchaud du Mazaubrun, en 1882.
- Arthur Charzat, en 1896.

L’église de Champagnac est en style roman du XIIe siècle, avec de nombreuses retouches de la seconde moitié du XVe. La nef se compose de quatre travées avec un collatéral complet du côté du Nord et deux chapelles latérales du côté du Midi. Les arcades cintrées qui séparent la nef des collatéraux ont une légère tendance à l’ogive et reposent sur de gros piliers cylindriques. L’abside, semi-circulaire, est voûtée en demi-coupole, au bas de laquelle on remarque, du côté du Nord, une arcature romane. La porte principale date, comme la nef et le chœur, de la première construction.

Au XVe siècle, on a ouvert dans le mur latéral du Nord trois fenêtres ogivales en style flamboyant et refait les voûtes qui, aujourd’hui, sont remplacées par un mauvais lambris. Le clocher, placé devant le chœur, sur la première travée de la nef, est de forme carrée et paraît faire partie de la première construction ; toutefois, une longue fenêtre ogivale, ouverte du côté du Midi, accuse le style du XIIIe siècle.

Les deux chapelles latérales du Sud, en style flamboyant, ont été restaurées au XVIIe siècle, et sur le linteau d’une porte, à l’Ouest, on lit cette inscription : « Le sr Dumas m’a faict faire, 1618. »

La petite cloche de Champagnac porte cette inscription : « Ego sum quia in tanto regimine prœvalui. - Parrain, Jude de Lajudie, maire. Marraine, dame Jaubert, Port, rector ecclesiœ. Mai 1826. - Fondue par Bonnin à la monnaie de Limoges, dans l’atelier de M. Parant. »

On lit sur la grosse : « Sancta Maria, ora pro nobis, 1748, - Besson, rector. Parrain, François Jude, seigneur de La Rivière. Marraine, Marie-Geneviève de Vassan, marquise de Mirabeau, représentée par Juge de Laubanie. »

 

  • Histoire civile

Le 14 mars 1679, le P. Boniface, prieur des Augustins de Limoges, prononçait dans l’église de Champagnac l’oraison funèbre de messire Yrieix Chouly de Permangle, gouverneur de la ville de Limoges, véritable type du héros chrétien. L’orateur parlait devant Charles-Joseph de Ferrières marquis de Sauvebœuf, neveu du défunt. Ce dernier, qui habitait le château de Brie, avait épousé dans cette même église, en 1673, Thérèse Chouly de Permangle, qui mourut en 1737 et fut aussi inhumée dans celle église.

Erminsinde, fille du seigneur de Champagnac, épousa Aymeric II, vicomte de Rochechouart, et leur fils Hildegaire, qui fut seigneur de Champagnac à cause de sa mère, vivait en 1094 et 1100. Plus tard, on trouve, en 1655, Yrieix Chouly, chevalier, qui était seigneur de Monchasty et Permangle de son chef, de Puymoreau par sa femme, de Brie et Champagnac par acquisition.

Chouly porte d’azur à la fasce d’argent surmontée de trois fleurs de pavot de même et une feuille de châtaignier d’or en pointe. Ses héritiers conservèrent le titre de seigneurs de Brie et Champagnac. 


  • Lieux-dits

Les villages de cette commune sont :
Beaubaty ou Bos-Baty.

Bethoule (La). — Des éclats de silex et une hache néolitique trouvés en lieu prouvent qu’il était habité à l’époque gauloise. Des briques et des tessons de vases de toutes dimensions indiquent qu’il en était de même à l’époque romaine. Aujourd’hui, il n’y a qu’une seule maison construite de nos jours.

Boissonnie (La), alias La Boissière ou La Bossière. — Une chapelle rurale, dédiée à saint Roch, existait en ce lieu au XVIIIe siècle. Le curé de Champagnac fut autorisé en 1822 à y célébrer chaque année les deux messes que demandaient les habitants de ce village.

Bos-du-Mas (Le), alias Brise-Bois.
Braconnerie (La).

Brie. — Guillaume de Boschaud ou Bouschaud, damoiseau, seigneur de Brie-le-Vieux, vivait en 1308. Jean Boschaud de Brie, écuyer et conseiller du prince d’Albret, capitaine des forteresses de Châlus et Courbefy en 1484, obtint de Jean, vicomte de Rochechouart, l’autorisation de bâtir au lieu noble de Brie une maison forte de tours, tourelles, créneaux, mâchicoulis, pont-levis, fossés, etc. Cette autorisation lui fut confirmée, le 11 décembre 1500, par François de Rochechouart. Ce château fut terminé en 1525.
Les armes des Bouschaud de Brie sont d’or au lion d’azur, lampassé et couronné de gueules, sur une terrasse de sinople mouvant de la pointe. La branche aînée de la famille Bouschaud s’éteignit en 1574, et la terre et baronnie de Brie passa au seigneur de Neuvillars.

Brie fut acheté en 1657 par Yrieix de Chouly Permangle, époux d’Anne de Saint-Mathieu. Ils ne laissèrent pas d’enfants et eurent pour héritiers Yrieix-Julien de Permangle et AnneThérèse de Permangle, leurs neveu et nièce. Cette dernière épousa, par contrat passé an château de Brie le 16 janvier 1678, Charles de Ferrière, marquis de Sauvebœuf. De Ferrières porte de gueules au pal d’argent, accompagné de dix billettes du même mises en orle, ou à la bordure denticulée d’argent.

Anne-Thérèse de Ferrières, marquise de Sauvebœuf, baronne de Pierrebuffière, fille des précédents, épousa, le 1er février 1719, Charles, marquis de Vassan, qui porte d’azur au chevron d’or, accompagné de deux roses d’argent en chef et d’une coquille de même en pointe. Ils laissèrent une fille unique, Marie-Geneviève de Vassan, mariée le 11 mars 1743 à Victor de Riquetti, marquis de Mirabeau, dont les armes sont d’azur à une bande d’or accompagnée en chef d’une demi-fleur de lis de Florence, défaillante à droite de même, fleurie d’argent, et en pointe de trois roses aussi d’argent posées en bande.

En 1791, tous les biens de la famille Mirabeau furent séquestrés et saisis ; ils furent vendus, le 27 décembre 1808, à l’audience des criées du tribunal de Rochechouart. M. Bouland, avocat à la Cour impériale de Paris, s’en rendit adjudicataire. En 1820, il entreprit la
restauration du château détruit en 1793 et dont il ne restait que les murailles. Il a placé sur la porte d’entrée cette inscription gravée sur le granit : « Castellum Brie anno Domini 1484 oedificatum, anno 1793 vastatum, anno 1845 cura et opere Stephani V. Bouland restitutum. »

Brise-Bois, alias Bos-du-Mas.
Champs (Les).
Chez-l’Ane. 
Chapelières (Les).
Chez-Chatinaud.
Chez-Soulas.
Étang (L’).
Favinie (La).
Font-du-Loup (La).
Genêts (Les).
Giroux.
Got-du-Maret.
Grange-Neuve.
Grateloube.
Jarrosses (Les).
Jaurie (La).
Judie (La) est probablement le berceau de la famille de La Judie.
Lacaux ou Lascaux.
Lachaud.
Lande-de-Lachaud.
Landette (La).
Loges (Les).
Loutre.
Maisonniau (Le). — On y a trouvé des substructions et des tuiles romaines.
Martinie (La).
Mazet (Le).
Meilhaudou.

Mondoux (Les). — En 1309, Jean de Lobestour, chanoine de Saint-Yrieix achète de noble Bernard Guillemin un mas appelé de la Jugie, paroisse de Champagnac, et le mas du Mondou. Une forge, construite vers la fin du XVIIe siècle, a été détruite par une inondation en 1818. François Judde, écuyer, seigneur de La Rivière, l’avait achetée en 1770 de Victor Riquetti de Mirabeau Negrelat. Permangle, à la famille Chouly de Permangle, dont les armes sont d’azur à la fasce d’argent surmontée de trois fleurs de pavot de même, et une feuille de châtaignier d’or en pointe.

Poteau (Le).

Pouge (La). — L’ordre de Malte possédait à La Pouge, en 1617, une chapelle qui, à cette date, tombait en ruine.

Puy (Le), où existe un souterrain-refuge de l’époque gallo-romaine. 

Puy-de-la-Faye.
Règle (La).

Rivière (La). — Le manoir de La Rivière date de la fin du XVIe siècle, Il était habité par Léonard Judde, seigneur de La Rivière, époux de Jacquette Rempnoux. Leur fils, François Judde de La Rivière, l’habitait en 1727. François, fils de ce dernier est qualifié écuyer, sieur de La Judie, seigneur de La Rivière. [Il] était mort avant 1773 et avait donné une grande importance aux forges de La Rivière. Judde de La Rivière porte d’azur au lion d’or, semé de billettes de même.

Une magnifique tréfilerie a remplacé cette forge de La Rivière. En 1836, M. Bouillon, ingénieur mécanicien, qui en est propriétaire, a aussi fait bâtir un joli château sur une hauteur près de l’usine.

Rochet (Le). — Au delà de ce village sur les limites de la commune de Champsac, existait un tumulus qui a été détruit en labourant la terre où il était. 

Salesse (La), où l’on trouve des briques de l’époque romaine.

Tamisac.
Valade (La).
Vauperie (La).
Vialle (La). — Souterrain-refuge découvert en 1889.

Source : Dictionnaire historique et géographique de la Haute-Vienne, de l'Abbé André Lecler (1834-1920) - Archives 87