Pierre Desproges

Pierre Desproges, l'insolent

Pierre desproges

Porte-drapeau de l'humour second degré, prince de l'envolée adverbiale, Pierre Desproges compte parmi les troublions français les plus doués, toutes générations confondues. En maître des mots, il a créé un univers cynico-sarcastique.

Même s'il est né le 9 mai 1939 à Pantin, c'est dans la maison familiale, au centre de Châlus, que Pierre Desproges a passé toutes ses vacances jusqu'à l'âge de 15 ans.

PIERRE DESPROGES, L'ENFANT DE CHÂLUS

De la fontaine, il amusait la galerie

 Maison desproges

L’humoriste, Limousin d’adoption, est mort d’un cancer le 18 avril 1988. Sa voix et son verbe résonnent encore dans nos têtes, et Pierre Desproges ne cesse de manquer à notre société.

Ces cendres sont inhumées dans un petit jardinet, au Père Lachaise - où son épouse, Hélène, l’a rejoint en 2012 - voisin de la sépulture de Claude Chabrol, qui passa comme lui de longues périodes chez sa grand-mère, en Limousin, à Sardent (Creuse). C’était dans d’autres circonstances, pendant la Seconde Guerre mondiale… 

De la famille Desproges ne reste à Châlus (Haute-Vienne) que le souvenir d’une mercerie, près de la fontaine, que tenait la grand-mère de Pierre Desproges. Son oncle, Marcel, était garagiste à Châlus mais c’est à Paris que Pierre va grandir, son père, Jean Desproges, y étant professeur de français.

Pierre Desproges venait souvent à Châlus auprès de sa famille. Ses racines limousines lui ont permis de garder le sens des réalités face à la réussite.

Pierre Desproges à Châlus le 26 septembre 1958
(à gauche sur la 1ère photo et plan rapproché sur la 2e) 

Pierre desproges à Chalus le 26 sept 1958    Pierre desproges a chalus le 26 sept 1958 plan rapproche 

Pierre Desproges, dont les grands-parents étaient commerçants à Châlus, aimait beaucoup la région. Pour preuve son unique roman Des femmes qui tombent, dont l’intrigue se déroule dans un petit hameau Limousin dénommé Cérillac. Il y décrit avec sagacité la vie rurale qui pourrait être celle qu’il a connue à Châlus, et colore les lieux de son humour si particulier : « Enfin, il avait peur des mouches et développait une allergie aux châtaigniers qui limitait ses sorties en laisse entre Limoges et Périgueux où cet arbrisseau prospère à tout bout de champ », écrit-il à propos d’un enfant du village.

De sa propre jeunesse à Châlus reste les lieux qu’il a fréquentés. En plein centre, Place de la Fontaine, la maison familiale et le local de l’ancienne mercerie tenue par sa grand-mère lui ont survécu. 

Le collège où il fut scolarisé deux ans a été rebaptisé Collège Pierre-Desproges. C’était d’ailleurs un élève aussi prometteur que Jean-Claude Peyronnet, futur sénateur de la Haute-Vienne, avec qui il devait batailler pour la première place. Pendant les vacances, Pierre et son frère Jacques se montraient bucoliques. Dépourvus de télévision et de voiture, ils passaient les soirs d’été à se promener de la place de la Fontaine jusqu’à la gare, aujourd’hui désaffectée.

Un talent très tôt révélé

Selon son frère, Pierre connaissait aussi très bien l’emplacement des maisons du médecin, du vétérinaire et du pharmacien : « Il s’y rendait souvent car chacun avait une fille. Adolescent, c’était un véritable bourreau des cœurs ». L’humour, trait de caractère précoce et saillant de Pierre Desproges, en séduisait déjà plus d’une.

De nombreuses perspectives d’avenir s’offraient pourtant à lui. S’il fut commercial dans une boîte de poutres en plastique pendant un temps, il aurait aussi bien pu devenir sommelier ou musicien : « C’était un grand amateur spécialiste de bon vin, mais aussi un excellent guitariste.

À 15 ans, il composait déjà des chansons à textes », se rappelle Jean-Louis Boudrie, ami de Pierre Desproges à Châlus. Dans ses œuvres, l’humoriste évoque d’ailleurs ses centres d’intérêt : « J’avais commandé un Figeac 71, mon Saint-Émilion préféré. Introuvable. Sublime. Rouge et doré comme peu de couchers de soleil. Profond comme un la mineur de contrebasse » écrit-il dans ses Chroniques de la haine ordinaire.

Pierre desproges et le cochon

Mais sa personnalité était déjà très forte à l’adolescence. « Son côté gentiment révolutionnaire, sa distance par rapport à la pensée unique, les thématiques qu’il a par la suite traitées dans ses sketches, tout était déjà en place à cette époque », explique Jacques. Son humour grinçant le prédestinait à un métier hors du commun. Il avait aussi une bonne plume et aurait certainement pu en vivre, et voilà pourtant sa définition de l’Académie Française, prononcée pendant un réquisitoire du Tribunal des flagrants délires : « gérontodrome » où des « papy-la-tremblotte » se réunissent, déguisés « en guignol vert avec un chapeau à plumes à la con et une épée de panoplie de Zorro », pour déterminer « s’il y a un “n” ou deux à zigounette ».

Sa carrière d’humoriste lui a fait connaître des hommes politiques, le show-business, mais « sa mémoire limousine et la rencontre des vrais gens ont imprégné Pierre, et l’ont guidé tout au long de sa vie », raconte Jacques. Ses racines châlusiennes lui ont permis de garder les pieds sur terre. Pour l’anecdote, le générique Mamzelle Angèle de l’émission Les Petits Rapporteurs est en fait une comptine héritée de sa mère. Pierre et Jacques la chantaient en cœur pendant les 3 km qui séparait Châlus du Mazaubert, où leurs cousins habitaient. « Tous ne comprenaient pas son humour, mais c’était un brave type, simple, sans méchanceté en lui », conclut Jean-Louis Boudrie.

Sources : Le Populaire du Centre (Art. 27/07/2014 - 13/04/2013) 

Citation de pierre desproges

Plus d'informations, allez sur www.desproges.fr